DE PROCHE EN PROCHE

 

 

 

Au feu des jours se consument nos vies,
Par étapes programmées, elles meurent,
Comme s’il fallait qu’en des temps accomplis
Renaisse différent ce qui affleure.

Comme le phénix, elles se retrouvent,
Mais dans la mort d’un moment donné,
Celui par lequel elles éprouvent
Un passé au présent emmêlé.

D’où ce trouble ressenti
De voir renaître ce qui n’est plus,
Sans pouvoir jamais oublier ce qui survit
Sous l’aspect changeant de ce qui fut.

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INDIGENTE RAISON

 

 

Face à l’hermétisme du monde,
Notre intelligence ne peut rien,
Puisque jamais ses concepts ne répondent
Aux désirs qui sont les siens.

De cette impossible adéquation,
Ils nous font entrevoir
Que ce qu’offre notre réflexion
N’est jamais qu’illusoire.

Alors, comme au-delà des choses,
Au dehors de nous-mêmes, nous restons,
Dans l’état d’une négative osmose
Qui n’a que faire de nos émotions.

Et pourtant elles seules peuvent nous offrir,
Par la grâce de nos sens éveillés,
Le miracle de pouvoir ressentir
Ce que notre raison ne peut expliquer.